Une eau sans nitrates ni pesticides : un enjeu réaliste ?

Malgré une réglementation qui protège efficacement les consommateurs et de réels progrès, nitrates et pesticides sont encore présents en trop grande quantité dans nos eaux. La Cour des Comptes et le Conseil d’Etat viennent récemment de se pencher avec inquiétude sur le sujet. Plusieurs laboratoires lorrains mènent des recherches sur ces thèmes.

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Pour en savoir plus, consultez notre dossier "Nitrates et pesticides…des pistes pour aller plus loin"

Votre avis sur l’avenir de l’eau compte !

 

L’eau est une ressource essentielle à la vie de chacun d’entre nous. Les agences de l’eau nous consultent sur l’avenir de l’eau et des milieux aquatiques en vue d’élaborer les plans d’action pour la période 2016-2021. Donnez votre avis sur internet avant le 30 avril 2013 ; en Lorraine et en Alsace : AERM

Réunion de la Commission Locale de l'eau à la Vigie de l'eau

La Commission Locale de l’Eau (CLE) du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de la nappe des grès du Trias inférieur (SAGE GTI) a tenu sa séance plénière, mardi 4 décembre à la Vigie de l’Eau, afin de présenter les résultats des études engagées depuis le mois de février.

La définition du déficit de cette nappe et des volumes d’eau pouvant être prélevés faisaient partie de l’actualité de cette réunion.

La CLE du SAGE GTI a pour mission de préserver le secteur vosgien du plus grand réservoir d'eau souterraine de la région Lorraine (plus de 180 milliards de mètres cubes d'eau douce). Elle doit proposer d’ici 2015 un ensemble d’actions afin d’assurer une meilleure gestion de cette nappe qui connait depuis les années 1970 une baisse des niveaux piézométriques. La première étape du SAGE consiste en un état des lieux du territoire, de la ressource et des usages associés. David N’GUYEN THE, hydrogéologue du BRGM de Nancy, et Martin BOURNOT, animateur du SAGE GTI, ont présenté aux membres de la CLE les résultats concernant l’état des ressources en eaux souterraines et de surface, le contexte socio-économique du secteur, les besoins en eaux des principales activités du territoire et les enjeux de gestion de ces ressources en eaux :

La nappe des grès du Trias inférieur (GTI) présente sur l’Ouest du département des Vosges des problèmes de surexploitation. Cette surexploitation est due à un contexte hydrogéologique particulier (faille de Vittel jouant un rôle de barrière étanche) associé à une concentration importante de prélèvements. La recharge naturelle étant inférieure aux prélèvements, le niveau de la nappe baisse depuis les années 1970 en moyenne de 20 à 30 cm/an. Ce déficit n’est pas imputable à une activité en particulier mais à un ensemble d’usages (eau potable, agriculture, industries agroalimentaires, embouteillage, thermalisme,…) impactant de façon considérable la ressource. Pour endiguer cette baisse continue des niveaux piézométriques, l’ensemble des usagers du secteur doit s’accorder pour économiser l’eau.

Répartition par canton et catégories d’usagers des ventes d’eau potable des collectivités

Suite à cet état des lieux, M. N’GUYEN THE a évoqué les modifications en cours sur le modèle régional de gestion de la nappe des grès du Trias inférieur développé par le BRGM. Ce modèle, en constante évolution depuis les années 1990, doit permettre de reproduire le fonctionnement de la nappe des GTI et ainsi prévoir son comportement en fonction des précipitations et prélèvements effectués.

Le modèle régional de la nappe des GTI est l’outil privilégié des membres de la CLE car il leur permettra de définir :

  • L’ampleur du déficit à résorber ;
  • Les volumes pouvant être prélevés par secteur géographique sans impacter l’avenir de la ressource en eau et les générations futures.

Les premiers résultats de ce nouveau modèle sont attendus début 2013.

Pour en savoir plus :


Notes

La commission locale de l'eau est composée de trois collèges dont la répartition est définie par le code de l’Environnement

  • Le collège des collectivités territoriales, de leurs groupements et des établissements publics locaux (au minimum 50% des membres) ;
  • Le collège des usagers, des propriétaires fonciers, des organisations professionnelles et des associations concernées (au minimum 25% des membres) ;
  • Le collège des représentants de l'Etat et de ses établissements publics intéressés.
Un Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) est un outil de planification et de gestion de l’eau élaboré de manière collective. La mise en place du SAGE GTI a été imposée par les services de l’Etat afin de répondre aux problématiques de cette nappe.

L’association La Vigie de l’Eau est chargée d’assurer, via son rôle de « structure porteuse du SAGE », les missions de secrétariat, d’animation et de communication

Niveau piézométrique : Niveau d'eau relevé dans un forage (piézomètre). Il caractérise la pression de la nappe en un point donné. La mesure est ramenée au niveau 0 de la mer.

Changement climatique : nos disponibilités en eau risquent de diminuer

Le changement climatique est bien réel et, même en France, nous en ressentons déjà les effets. Les conséquences sur la ressource en eau disponible vont être de plus en plus marquées…

En France, le bilan hydrique potentiel, c’est à dire la différence entre les apports, représentés par les précipitations (P), et les pertes potentielles, représentées par l’évapotranspiration (ETP) va baisser.

Les projections climatiques obtenues par les modèles climatologiques prévoient :

  • une baisse de pluviométrie annuelle sur l’ensemble du territoire français et tout particulièrement dans le grand ouest, comme l’illustre la figure ci-dessous pour le futur proche (2020 à 2050) et le futur plus lointain (2070 à 2100)
  • une augmentation de l’évapotranspiration potentielle (ETP) résultant d’une part de l’augmentation de température et d’autre part de l’augmentation du rayonnement provoquée par la baisse d’ennuagement.

La baisse des apports combinée avec l’augmentation des pertes potentielles conduira, si l’on se fie aux projections des modèles, à une baisse généralisée du bilan hydrique potentiel sur l’ensemble du territoire français (voir la partie inférieure de la figure).

Ceci ne manquera pas d’exacerber les tensions sur la ressource en eau dans les zones déjà structurellement sensibles comme le centre et le grand sud ouest.

Les chercheurs français se sont mobilisés sur cette question dans le cadre du projet CLIMATOR dont les résultats doivent permettre aux décideurs de tenir compte des évolutions à venir.

Pour en savoir plus


Notes

L’évapotranspiration comprend à la fois la transpiration des végétaux (comme les humains, les plantes transpirent, mais en permanence !) et l’évaporation de l’eau depuis le sol et la surface des végétaux.

Un modèle n’est pas une prédiction mais une description mathématique qui permet de simuler un phénomène ou un processus et donc d’étudier son fonctionnement probable et de faire des prévisions.

Les nuages ne sont pas seulement à l’origine de la pluie ; ils renvoient une partie du rayonnement solaire et protègent donc la terre d’une trop grande chaleur en journée. En sens inverse, ils limitent le refroidissement nocturne.

Le projet CLIMATOR est un projet de recherche français qui a mobilisé de 2007 à 2010, 17 équipes de chercheurs de différentes disciplines issus de 8 organismes de recherche pour étudier les impacts que le changement climatique peut avoir sur l’agriculture française.
A l’issue du programme, un « livre vert » présentant les résultats a été rédigé.

 

Départ immédiat pour le Népal !

Gautier VALLANCE, étudiant à l'École nationale supérieure d'agronomie et des industries alimentaires (ENSAIA) à Nancy est parti ce lundi 24 septembre pour 6 mois au Népal pour mener un projet sur le thème de l'eau :  SENS : Solidarité, Eau, Népal et Sport.

Son but ? Participer à la réalisation d'un ouvrage hydraulique, apprendre les utilisations de l'eau dans des villages de l'Hymalaya, partager la vie des locaux, etc.

Gautier part dans le cadre d'un service civique porté par l'association étudiante de l'ENSAIA, 3D Tour,  et d'un stage pour le CNRS.

Tout au long de son périple, vous pouvez le suivre grâce à son blog : 2 nouveaux articles sur son arrivée à Katmandou !

La Vigie de l'eau s'associe à ce projet et vous tiendra régulièrement informés de ses aventures. A son retour, Gautier viendra présenter son projet et enrichir notre exposition permanente.

 

Curiosity découvre un lit de rivière !

Depuis son arrivée sur mars le 6 août, Curiosity a parcouru quelques centaines de mètres pour tomber jeudi 27 septembre sur des traces évidentes de circulation d'eau. La forme et la taille des cailloux (on pourrait presque dire des galets) permettent aux scientifiques d'évaluer le débit et la profondeur de ce cours d'eau qui coulait il y a probablement plusieurs millions d'années.

De belles images et des commentaires précis sur le site de la NASA (en anglais) ou sur différents sites d'information : 

Votez pour décerner les trophées de l’eau !

 

Le concours des trophées de l’eau est organisé par l’Agence de l’Eau Rhin Meuse pour mettre l’honneur des acteurs œuvrant en vue de la préservation de la qualité de l’eau. Douze projets ont été pré-selectionnés parmi lesquels il faut choisir ceux qui seront les 4 lauréats.

Pensez à voter, avant le 31 octobre 2012, à l’adresse suivante : http://www.lestropheesdeleau.fr/

Devenir végétarien pour préserver l'eau ?

La semaine dernière, se tenait à Stockholm la "World Water Week" sur le thème de la sécurité alimentaire. En 2050, nous serons 9 milliards sur Terre et une quantité d'eau identique. Comment faire ?

Un rapport de scientifiques publié par le Stockholm International water Institute (SIWI) propose plusieurs options dont une consiste en une diminution de notre consommation en viande. Pourquoi ? Parce qu'il faut 5 à 10 fois plus d’eau pour produire une nourriture riche en protéines animales que pour des aliments non carnés, affirment les auteurs de ce rapport. Mais cela n'est pas aussi simple : disparité de la consommation, utilité des protéines animales dans notre alimentation, capacité à changer nos habitudes alimentaires à court terme...

D'autres solutions sont évoquées dans ce rapport comme une meilleure gestion des terres cultivables et une chasse au gaspillage.

Pour en savoir plus :

La Namibie, un désert gorgé d'eau ?

La Namibie, pays d’Afrique australe, est surtout connue pour ses étendues d’une aridité très marquée. Or, après plus de 5 années de recherche, une équipe de scientifiques allemands et namibiens a révélé l’existence d’une nappe d’eau souterraine d’environ 5 milliards de m3, au nord du pays, dont l’eau, de très bonne qualité, se trouve entre 280 et 350 mètres de profondeur.

Cette découverte pourrait avoir un impact intéressant pour les populations, qui ne disposent actuellement que d’une eau saumâtre et en faible quantité, d’autant plus que cette nappe se renouvelle, contrairement à certaines autres nappes africaines, exclusivement fossiles, comme celles qui se situent sous le Sahara.

Reste à trouver les moyens d’exploiter cette ressource à des coûts acceptables…

Pour en savoir plus :

Coup d'arrêt pour un barrage géant au Brésil

Mardi 14 août, un tribunal régional du Brésil vient d'ordonner la suspension des travaux du barrage du Belo Monte.

Très controversé, ce projet de barrage sur le fleuve Xingu devrait être le 3e plus grand barrage mondial ; l'objectif est de fournir en 2020 11% des besoins énergétiques du Brésil avec 11 000 Mégawatts. Mais il inonderait 502 km2 comprenant de nombreux villages d'indiens, et aurait un impact important sur l'environnement et le mode de vie des populations. La supsnesion des travaux est destinée à permettre de consulter les populations indiennes concernées par le projet.

Ce barrage créerait cependant de nombreux emplois directs et indirects, un enjeu non négligeable pour une région pauvre, dans un pays en fort développement comme le Brésil.

Ce projet illustre parfaitement les difficultés qu'ont parfois les autorités à concilier économie et environnement.

Pour en savoir plus

 

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