Barrages hydroélectriques : menace pour la biodiversité tropicale ?

Les barrages ont pour fonction première de retenir l’eau pour convertir l’énergie hydraulique en énergie électrique. Cependant, construire un tel ouvrage au travers d’un fleuve n’est pas anodin. Par exemple, en empêchant le déplacement des sédiments qui sont naturellement transportés par l’eau, des montagnes vers la mer, un barrage peut favoriser l’érosion du littoral et modifier le fonctionnement du fleuve. C’est pourquoi des aménagements sont mis en place, notamment en France, pour maintenir la continuité écologique du fleuve, en d’autres termes pour que le barrage ne soit plus une barrière au déplacement des sédiments et des espèces.

Mais est-ce le cas partout ?

Des chercheurs ont publié le 7 janvier 2016 une tribune dans la revue Science pour alerter les citoyens sur l’impact de certains ouvrages hydroélectriques sur la biodiversité et en particulier celle des poissons. Ils ont travaillé sur les 3 plus grands fleuves tropicaux (l’Amazone, le Mékong et le Congo) sur lesquels plus de 450 projets de barrages hydroélectriques sont à l’étude ! Alors que ces trois fleuves abritent un tiers des espèces de poissons d’eau douce connues, ces ouvrages empêcheront la migration nécessaire pour la reproduction de certains d’entre eux. Conséquence : le nombre d’individus baissera et la diversité des espèces aussi. Les conséquences vont même plus loin puisque la pêche, activité essentielle dans ces régions tropicales, est mise en péril, obligeant les pêcheurs à se convertir à l’agriculture et parfois à déforester pour installer leurs cultures. Les chercheurs alertent donc les maîtres d’œuvre de ces pays sur le besoin d’évaluer l’impact environnemental de leurs projets.

Photo : Barrage du Belo Monte au Brésil (source : afrikhepri.org)

Pour en savoir plus :

Barrages hydroélectriques: la biodiversité en péril, article du Journal de l’environnement le 7 janvier 2016

Notre dossier L’énergie bleue

Notre dossier « vous avez dit continuité écologique ? »